Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘1790’

La première étape de réalisation du costume est le gilet à revers  brodé,

Un petit historique

Le pourpoint ancêtre du gilet, rembourré et se portant aussi sous l’armure pour se tenir chaud, est apparut vers le XVe siècle. Au milieu du  XVIIe siècle le pourpoint disparaît pour trois vêtements qui constituent l’Habit à la Française.

Le terme « habit » désignait d’ailleurs à l’origine la totalité des pièces composant ce costume, en l’occurrence le justaucorps, la veste (avec ou sans manches) que l’on porte au dessous, et la culotte resserrée au genou couvrant les cuisses. A partir du milieu du XVIIIe siècle,  la veste, qui perd ses manches depuis que l’on prend l’habitude d’enfiler redingotes, fracs et surtout pour se protéger des froidures de l’hiver, devient le gilet.

Le gilet vers 1780, est un vêtement très ouvragé sur la partie visible, de nombreuses broderies ou plus rarement des passementeries le décorent (voir le premier article). La mode exigeait qu’on le laisse entrouvert pour montrer la finesse de sa cravate ou le jabot de sa chemise.

La veste n’étant jamais porté seule, le dos est le plus souvent taillé dans un tissu grossier (grosse toile), tandis que seuls les devants sont réalisés dans un tissu plus riche. Une série de liens, à l’arrière, permet de le rendre réglable afin qu’il prenne bien le ventre.

Patron gilet homme vers 1760/70

Il semble il y avoir plusieurs types d’ajustement pour les gilets à cette période:
– un arrière fendu avec des liens pour l’attache et le serrage (plus vraiment dans cette période tardive du 18e siècle,
voir   patron ci-dessus)
– un dos cousu et des liens seulement pour l’ajustement, avec ou sans soufflet.

MET français soie l1785–1800

MET américain late 18th century

MET français soie-coton ca 1789

– un ajustement grâce à un lacet passant dans des œillets (inspiré des gilets adaptés aux femmes ?)

MET américain ou Européen soie 1790

J’ignore quelle méthode je vais choisir pour l’ajustement de mon propre gilet, mais il y aura un soufflet et le dos sera réalisé avec le coton bronze qui me servira pour la doublure. Après il me restera à décider entre simples nœuds ou œillets… ce sera en fonction de mon courage et de mon temps!

Voici différents gilets d’époque, qui ont inspiré mon modèle de broderie:

MET italien soie 1780–90

MET français soie 1787-89

MET américain ou Européen soie 1790

MET Européen coton 1785–1800

MET français soie 1780–85

MET français soie 1785–1800

MET français soie late 18th century

MET américain soie(?) late 18th century

MET français soie-coton ca 1789

Comme on peut le voir sur ces exemples, le gilet masculin à partir de 1780 environ prend une forme droite, avec ou sans revers, et des poches rectangles à l’horizontale.

Standardisation, modèles, décors -type apparaissent. Les habits sont brodés d’avance sur des pièces d’étoffe que l’on  taille après coup aux mensurations du client.

MET français soie 18th century

Et voici  mes débuts de broderie sur le taffetas (pas en soie malheureusement, mais depuis j’en ai trouvé un très beau ivoire donc parfais pour un prochain projet de ce type!).

J’utilise du fil de coton mouliné DMC marron sombre et vieux rose, ainsi qu’un fil de soie mauve (pour broderie machine)
Il y a différents points utilisés: chainette, point d’arêtes, point passé plat, point transpercé…

Revers de poches avec dessin du motif

Revers de poche brodés

Revers de poche montés

Il y a aussi des perles de verre vert sombre pour souligner quelques motifs.
Sur le reste du gilet, on pourra trouver un passementerie fine, pour « imiter » la longue et pénible broderie du bord du gilet en complément des motifs floraux à broder, ainsi que des sequins bronze.

Voilà , je pense avancer pas mal le gilet au cours de ce week-end et de la semaine prochaine (mini 1h de broderie par jour grâce aux transports pour aller au travail)

Comme hier, les images (face des gilets) sont lié par hyperlien aux fiches correspondantes du MET (j’ai choisi mes modèles parmi leur collection, mais il y a bien sur des gilets de ce type dans plusieurs autres Musées du Costume!)

Publicités

Read Full Post »

Avant mes congés, j’ai commencé un nouveau projet pour Arcelot, le 6 et 7 octobre, une tenue homme 1785.

Non, je n’aurais pas d’accompagnement masculin à cette sortie, pour mon plus grand malheur!
Mais j’ai eu l’idée folle de ce travestissement après avoir enfin trouvé les bottes cavalières en cuir que je cherchais depuis plusieurs mois (à un prix très bas pour du matériel d’équitation 100% cuir).

Ayant déjà prévu un costume de cavalière milieu XVIIIe, je ne voulais pas en faire un autre et le peu d’hommes présent lors d’évènements historiques costumés m’a tout de suite donné envie de m’attaquer à un tel projet.
Car en grande majorité les costumes d’hommes sont issues de techniques dites de « tailleurs » et souvent bien plus compliqués que les tenues féminines, et le gainant/ajusté de la fin du XVIIIe est particulièrement dur à réaliser sans moulages, dont il s’agit bien d’un défi puisque bien qu’ayant déjà réalisé un gilet fin XVIIIe, la tenue complète est d’une toute autre difficulté…

Un peu d’histoire de la mode…

Au 18e siècle, il est tout à fait légitime qu’un homme s’intéresse à la mode, en accord avec les notions de masculinité alors couramment admises. Les hommes de bien et d’influence accordent beaucoup d’attention à leurs tenues, tout autant que les femmes.

Portrait de Maximilien Robespierre, Louis Léopold BOILLY, 1791, Palais des Beaux art de Lille

Portrait de Joachim Le Breton, Adelaide Labille-Guiard, 1795 – Nelson-Atkins Museum of Art

Portrait de Sebastián Martínez y Pérez, GOYA, 1792, MET

Portrait de François André Vincent, Adélaïde LABILLE-GUIARD, 1795, Louvre

Miniature, Portrait d’un jeune homme, Joseph DERANTON, Inconnu

Miniature, portrait d’un jeune homme, Adélaïde LABILLE-GUIARD, inconnu

La mode vestimentaire de la noblesse à la cour de France domine l’Europe et, à un degré moindre, l’Angleterre.
L’habit masculin a une forme stable, il s’est formé au XVIIe : au XVIIIe sa composition et ses formes sont posées, puis on ira vers une simplification des lignes.
A partir de la fin des années 1760, le costume masculin connaît une évolution radicale. Il semble que ce soit la réforme de l’uniforme militaire français, qui ait été à l’origine de cette nouvelle mode. Avec les règlements de 1767, l’armée royale adopte un nouvel uniforme inspiré des tenues étriquées et économes en tissu que les armées prussiennes et  autrichiennes.

Ces nouveaux habits se projettent vers l’arrière et dégagent largement le ventre, laissant apparaître le gilet qui est coupé droit et raccourci, facilite la marche en réduisant considérablement les basques, le col monte, les manches sont ajustées et coudées et la culotte se colle à la cuisse.

Patron d’habit vers 1780

Cette nouvelle silhouette étriquée plaît, le goût « anglomane » ayant mis à la mode les tenues pratiques, sobres et confortables de la « gentry » campagnarde britannique et le vêtement civil adopte la nouvelle coupe militaire.

En dehors des éternels draps de laine, velours ras, pékin et taffetas de soie unis, les étoffes de la fin du XVIIIe siècle sont en général ornées de petits motifs géométriques. C’est l’âge des velours miniatures, décorés d’un semis de points ou autres petits ornements répétitifs, aux couleurs assez contrastées. A partir des années 1780, la mode des rayures va faire son apparition: fines, verticales, soulignées par des couleurs violemment opposées… (1)

Court Suit 1790-1800 France V&A

Formal Ensemble U.K 1790 V&A

Court suit France 1780-90 MET

Formal Ensemble France 1790 MET

Court suit France 1790 KCI

Men suit France 1785 KCI

Les broderies somptueuses qui enrichissent les habits contrastent souvent avec ces étoffes aux semis géométriques par  leurs larges motifs végétaux et floraux traités avec naturalisme.
La mode est de porter un gilet d’une couleur et d’un décor différents que ceux de l’habit et de la culotte.

Différents gros-plan de broderies
Costumes du MET, V&A, KCI de 1780 à 1792

Une autre innovation consiste dans l’emploi de boutons de métal ciselé, émaillé ou peint.

Toutes ces tenues se portent avec des bas de soie et des soulier ou bien de longues bottes souples à revers comme on en porte avec le frac à l’anglaise.

Voilà, en espérant vous avoir apporté un peu plus de connaissance sur les tenues masculines de la toute fin du XVIIIe siècle.

Petite bibliographie non exhaustive:

Se vêtir au XVIIIe Siècle – Madeleine DELPIERRE – Adam Biro, 1996

Histoire du Costume en Occident – François BOUCHER- Flammarion, 1996, nouvelle édition, 2008

Le costume français – Collectif, Flammarion, collection Tout l’art, 1996, nouvelle édition 2007

Fastes de cour et cérémonies royales : Le costumes de cour en Europe (1650-1800) Pierre ARIZZOLI-CLEMENTEL, Pascale GORGUET-BALLESTEROS, Collectif, RMN, 2009

Seventeenth and Eighteenth-century Fashion in Detail – Avril HART et Susan NORTH, V&A Publishing, 2008

1- Les photos de costumes d’époque sont en hyperlien avec les pages correspondantes des différents musées.

Read Full Post »

En pleine préparation pour le pique-nique en blanc du 14 juillet, organisé par le château de Versailles

Plus d’information sur cet évènement par ici et

J’ai  décidé de mettre ma Robe à la Reine, une robe chemise en mousseline de soie, car exceptionnellement grâce à ce pique-nique, nous pourrons aller dans les jardins en costume (puisque Versailles n’autorise aucun accès aux Costumés historiques ou non, mais accepte certain débordement vestimentaires sans sourciller!) .

Ma robe chemise avait des dessous d’un bleu assez vif et nécessite des retouches (car elle a été réalisé dans l’urgence en à peine une demie-journée ^^).
Donc il était évident qu’il me fallait de nouveaux dessous, j’avais déjà dans mon stock de tissu, un beau mélange de coton/soie ivoire à fine rayures ton sur ton… c’est donc parti pour un nouvel ensemble à la façon d’une robe fourreau.

Pourquoi dit-je à la façon, tout simplement car pour des raisons évidentes de facilité lors d’un habillage seule et le coté  pratique de la réutilisation des  pièces, la robe est divisé en deux parties (jupe et haut).

Mais une description  dans une planche du Magasin des Modes de 1787, indique que les dessous transparents  de la robe ne sont pas d’une seule pièce, il est indiqué jupon et corsage. S’agit-il d’une façon de faire courante à l’époque? Ou bien d’un caprice de la mode?

Magasin des Modes, novembre 1787

Magasin des Modes, novembre 1787
Descriptif

Le terme transparent est à prendre ici dans son sens ancien, c’est à dire ce qui est « apparent à travers », le tissus du dessous qui est visible sous celui du dessus. Donc un transparent, dans un magazine du XVIIIe, c’est un vêtement opaque qui transparaît sous une pièce du vêtement au tissage léger, comme de la mousseline ou de la gaze.

Dans sa description canonique, le fourreau est une robe d’une seule pièce au corsage busqué et lacé par derrière, à jupe fermée devant, qui était déjà en usage depuis le milieu du XVIIIe siècle pour les enfants.

Entre trois et quatre ans, les enfants des deux sexes sont en fourreau, dit aussi fausse robe pour les filles et jaquette pour les garçons. C’est une robe longue, en une seule pièce, lacée dans le dos, porté sur un corps à baleines, auxquels les enfants pas plus que les femmes ne sauraient échapper.

DELPIERRE, Madeleine, Se vêtir au XVIIIe siècle, Paris, A. Biro, 1996

Et encore plus d’information sur les robes fourreau par ici   sur le blog de Heileen qui a fait un excellent travail de recherches dont il serait dommage de se passer!

Voici donc des photos de la « sous jupe »  avec un falbalas dentelé en mousseline de coton ivoire

Jupon de face

Jupon de profil

Falbalas dentelé, avec festons sur le bas et fixation en « guirlande »

Voilà!

à bientôt pour la suite, c’est à dire le haut, et encore une fois les terminologies seront abordées

Read Full Post »

Finalement j’ai craqué, j’aurais une nouvelle tenue XVIIIe pour le Noël à Vaux le Vicomte

Sachant que mon tissu de base, un fin velours de coton gris perle n’est qu’un coupon de 1,5 m/1m5m, je me suis creusée la tête pour choisir un modèle qui consomme peu de tissu!

Âpres moultes hésitations [principalement entre des vestes redingotes de plusieurs formes] je me suis décidée pour un Pierrot.
Avec le retour à la nature prônée par Jean Jacques Rousseau et l’influence de la mode masculine qui nous vient d’Angleterre, la société pré-révolutionnaire modifie ses codes vestimentaires. Le « Pierrot « , veste courte ajustée à basques, illustre la transition entre la coupe d’une robe à l’anglaise (basques du dos) et la jacket (vêtement court)

Par contre, il me semble que le pierrot a un dos long, comme les queues d’oiseau, donc je le ferrais dans ce sens, avec une coupe en front-zone sur le devant de la veste.
Ma jupe ne sera pas brodée mais éventuellement décorée de motifs floraux en guipure, et si je trouve une belle mousseline dans les tons du tissu du pierrot, je ferrais un tablier.
Je compte faire l’ensemble en deux parties bien distinctes, un gilet en pointe sur le devant puis un manteau de robe en coupe a la front-zone.

Voici les modèles d’inspiration:

Jacket [Pierrot] vers 1790, France, KCI
Taffetas de soie rayée vert et jaune, franges

 

Short Jacket [Pierrot], vers 1785-90, KCI
avec une jupe dite de «ballade»

 

« Pierrot à la hussarde » en taffetas brochée, vers 1780-90

Et voici un ensemble de gravures représentant différentes formes de Pierrot, entre 1787 et 1793, extraites de ce superbe album

Two delicious caramels 1787

Lady 1789

Anglaise 1789

Walking Lady 1789

Revolutionary Lady 1793

 

Et voici un ensemble de lien, extrait du site 18th Century Clothing Notebook, sur les costumes et sources de « Pierrot »:


Voila, le prochain article présentera la construction du costume en lui même, et les photos de la construction, du rendu final et du costume porté.

Read Full Post »