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Archive for the ‘Tournures’ Category

Le projet de reconstitution d’après le Journal des Demoiselles est fini (depuis pratiquement un mois, mais honte à moi, entre les cours et la préparation de mon concours je n’ai plus de temps!) On peut dire que ce projet à été de longue haleine, 1 jupe, 1 traine, 2 vestes, des mètres de plis, et des centaines de fleurs en soie…

La jupe a été réalisée la première, sans patron et en adaptant le modèle de la gravure, car je n’avais pas assez de taffetas de soie broché pour réaliser la jupe complète en plis couchés, donc seul le centre de la jupe a été réalisé puis monté sur une jupe support en coton blanc.

 

Centre de la jupe de tournure, taffetas de soie broché et mousseline de soie

Le reste de la jupe support est caché par la ‘sur-jupe’ en tissus imprimé gris, qui s’ouvre sur les plis, le raccord étant effectue par la mousseline de soie brodée et les applications de fleurs de soie.

 

Jupe finie, avec décoration de fleurs et feuilles en soie

Détail des fleurs et feuilles en soie, Maison Chanet à Paris

La traine (non finie à ce jour, car je souhaite y intégrer une balayeuse en coton amovible pour pouvoir la porter sans trop la salir) fait 3m de long et l’extrémité est coupé en arc de cercle pour obtenir une traine en « queue de poisson ». La décoration de cette traine est faite grâce aux 20m de ruban de satin plissés, un vrai défi puisqu’il est cousu entièrement à la main!

 

Le bas de tournure, devant avec la traine

 

Le bas de tournure, arrière avec la traine

 

Les fameux 20m de ruban de satin, pour 7,5m de plis

 

 

Quand à la veste, elle a été réalisée d’après le patron TV 422 (légèrement modifié). La veste de jour se ferme par crochet et cette fermeture est rendue invisible par le cache décoratif qui simule une fermeture par boutonnage.  Et les chaussures!

La première version a été porte pour la première fois lors de la « Journée Tournure » du 22 janvier, en version de jour pour la réception, c’est à dire avec la veste à manche longues, décolletée court en forme de diamant, avec la traine.

 

Avant l'Opéra, déjeuner chez Mollard

 

Balcon de l'Opéra

 

Balcon de l'Opéra II

La traine dans le Grand Escalier

Jeux de miroir en couple

Jeux de miroir en couple II

Puis en version de visite lors du GN Highlands 1879, sans la traine, et en rajoutant un gros nœud de taffetas de soie à deux boucles sur la queue de la veste. Un chemisier col haut avec jabot de dentelle prévenait du froid de ce week-end de la fin janvier, qui ne nous a pas épargné dans les grandes salles du château de Denonville.

 

Crédit Photo Joram

Crédit Photo Joram

Un séance photo est prévu d’ici le mois de juin pour avoir de belles présentations de mes costumes, j’éditerais donc l’article dès que de nouvelles photographies seront disponibles

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Le Ministère des Modes tenait  pour la deuxième année consécutive,  son assemblée générale et,  le thème retenu pour 2011, pour éviter l’encombrement ( peu adapté aux contraintes modernes) des robes à paniers et autres crinolines,  était  l’époque des tournures  de 1870 à 1895.

C’est donc avec surprise que les passants vers la Gare St Lazare ont pu observer un cortège de tournures avec de nombreux chapeaux plus beaux les uns que les autres pour les dames et fracs, haut de forme et cannes pour les hommes

Crédit Photo Fenriss Asgard

Crédit Photo Fenriss Asgard

La journée débutait par un repas à la Brasserie Mollard, la célèbre brasserie dont le décors 1895 offrait un magnifique cadre pour nos costumes.

C’est une brasserie presque comme les autres, vu de l’extérieur le restaurant ressemble à ses confrères de la rue Saint-Lazare et pourtant derrière la lourde porte de l’établissement se cache un décors Art Nouveau d’une finesse rare. Le décors réalisé en 1895 par E.Niermans et l’essentiel a été préservé. … restauré en 1965 et classé aux Monument historiques depuis 1987.


Phénomène courant à cette époque, les brasseries, auparavant obscure et sans gaieté, deviennent de véritables joyaux architecturaux.

Ainsi, à une date où l’Art Nouveau n’existait à Paris que sous des formes modestes et encore très discrètes, Edouard Niermans proposa, dans le restaurant de la rue Saint-Lazare, une atmosphère festive, colorée, tout en lui gardant une certaine légèreté, sans les ornements plus lourds et plus ostentatoires qui allaient bientôt faire le succès d’établissements plus authentiquement Art Nouveau. Mais, grâce à ses panneaux de faïence, fabriqués dans une Lorraine déjà très en avance dans le domaine des arts décoratifs, nous y sommes assurés du style volontairement audacieux que l’architecte chercha à imposer, et dont le charme, plus d’un siècle plus tard, ne s’est pas émoussé. Il ne semble pas qu’on en ait conservé des dessins et les photographies d’époque sont fort rares. Mais sa date précoce en fait, très certainement, le plus ancien décor Art Nouveau conservé à Paris.

Le reste du restaurant, en marbres de couleur, bois de teck et bronze

 

 

Les mosaïques du plafond réalisées par H. Bichi en 1895

 

Mollard a ainsi retrouvé son cadre et son décor historique fait de tons vert d’eau, bleu roi, dorés, de marbres beiges et marrons sur les grandes colonnes et tout autour des mosaïques anciennes.

Les murs sont ornés de marbre et de mosaïques figuratives qui représentent des végétaux et des poissons, des cabochons de pâte de verre sont incrustés sur fond d’or, tels de véritables bijoux. Les panneaux de céramique de Sarreguemines y révèlent des bribes d’histoire du début du XXe siècle, ayant pour thème la vie autour de la gare Saint-Lazare, les liaisons ferroviaires vers Deauville, Saint-Germain-en-Laye,ville d’Avray ainsi que plus métaphoriquement, deux femmes en costume traditionnel représentant l’Alsace et la Lorraine, inévitables en ces années 1895.

Nous nous sommes donc retrouvés autour d’un excellent repas, et avons pu nous régaler des spécialités de Mollard…

Crédit Photo Fenriss Asgard

Crédit Photo Fenriss Asgard

Crédit Photo Fenriss Asgard

J’ai pu apprécier la finesse des plats proposés, qui fait honneur à la qualité des fruits de mer et poissons de la carte.

Puis le journée continuait par une visite de l’Opéra Garnier,

« Chef d’œuvre architectural connu dans le monde entier, le Palais Garnier est la treizième salle d’Opéra à Paris depuis la fondation de cette institution par Louis XIV en 1669. Sa construction fut décidée par Napoléon III dans le cadre des grands travaux de rénovation de la capitale menés à bien sur son ordre par le baron Haussmann. L’Opéra fut mis au concours et Charles Garnier remporta l’épreuve. Les travaux durèrent quinze ans, de 1860 à 1875, interrompus par de nombreuses péripéties. Le Palais Garnier fut inauguré le 5 janvier 1875. »

Crédit Photo Fenriss Asgard

Crédit Photo Fenriss Asgard

Crédit Photo Fenriss Asgard

Crédit Photo Fenriss Asgard

« La nef du grand escalier est un des lieux les plus célèbres du Palais Garnier. Bâtie en marbres de différentes couleurs, elle abrite les degrés de l’escalier à double révolution qui mène aux foyers et aux différents étages de la salle de spectacle.
Le grand escalier est lui aussi un théâtre, théâtre mondain où se croisait au temps des crinolines un public choisi. Le plafond peint évoque, sur ses quatre parties, différentes allégories de la musique. On remarque, en bas de l’escalier, les deux torchères en bronze, grandes figures de femmes tenant des bouquets de lumière.
»

où tout le monde fut attentif aux explications de la guide,

Crédit Photo Fenriss Asgard

avant de partager les derniers ragots et discussions à la mode!

Crédit Photo Fenriss Asgard

Sans oublier d’immortaliser ce moment…

Crédit Photo Fenriss Asgard

Crédit Photo Fenriss Asgard

Crédit Photo Elisabeth Rousselet

Puis nous avons été goûter chez Angelina, faisant encore une fois l’attraction du moment

 

Les délices du chocolat dit l'Africain...

...fait des heureuses parmis les gourmandes!

Après une AG un peu fraiche (nous avons du la faire faute de place, dans les jardins du Palais Royal), certains courageux ( ou inconscients!) se sont mis en route pour retrouver les participants des  « Lundis de l’Impératrice », bal informel organisé par l’association Carnet de Bal.

Pour que cette journée reste dans les mémoires, voici le l’album de Fenriss composé des photos du restaurant puis de la visite de l’Opéra, ou encore pour plus d’information sur le déroulement et l’organisation de cette sortie, l’article d’Olia i Klod.

J’éditerais l’article dès que d’autres photos seront disponibles

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De tout temps, les chaussures ont été un moyen d’afficher son statut social et ont reflété l’évolution des mœurs et des modes. Je vous propose de retracer l’histoire des chaussures et leurs principales évolutions au fil des siècles, suivant les reconstitutions que je réalise…

Les chaussures  au XIXe ont intéressé les foules, la preuve en est les nombreuses études des médecins, des articles des journaux de mode ou encore cet ouvrage d’Histoire de la Chaussure, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours par Paul Lacroix et Alphonse Duchesne. 1862

« Quand aux chaussure des femmes, elles subirent de légers changements qui les ramenaient sans cesse à un point de départ peu éloigné; elles imitèrent celle des hommes, et elles furent tour à tour pointues, rondes et carrées à l’extrémité, couvertes ou découvertes sur le cou de pied, plates ou cambrées, garnies ou dépourvues de haut talons. Les brodequins lacées ont finis à l’instar des bottes, par faire réserver les souliers de peau ou d’étoffe pour la vie élégante des salons; de là le proverbe vulgaire, brodequins au matin, soulier vernis à minuit »

Et dans la période qui nous intéresse:

Les couleurs très vives laissèrent la place au milieu des années 1870, à des teintes plus naturelles et plus riches, comme le grenat, le bordeaux, le brun roux, le vert émeraude ou encore le marron jugées plus élégantes.

 

Chaussures de ville vers 1867, Cuir, coton et argent, Belgique

Chaussures de ville (Oxfords) vers 1880, Cuir, Amérique

Chaussures de ville vers 1887, Cuir, Amérique

On s’intéressa de nouveau à l’ornementation des chaussures d’intérieur et du soir quand à la fin des années 1870 les jupes, très ajustées sur le devant du corps, dégageaient souvent la cheville pour faciliter la marche, la mode découvrant alors le pied et la cheville. Les chaussures redevinrent alors visibles, s’il il était recommandé de porter des modèles sobres en ville, les ornements et la couleur triomphaient dans les salons et les salles de bal.

Chaussures de Bal vers 1870, Soie et cuir, Amérique

 

Chaussures de Bal vers 1875–85, Soie, France

Chaussures de Soirée vers 1880, Soie Brodée, France

Il n’y avait pas de préférence marquée à cette époque pour les bottines ou les chaussures, les deux étaient conçues pour toutes les circonstances. Cependant leur esthétisme les prédestinaient à une utilisation des couleurs sombres en journée et de quelques teintes chaudes ou pastel pour le soir.

Chaussures de Soirée vers 1885–95, Soie, France

Chaussures de Soirée vers 1885, Soie, France

La mode des Bals Masqués et les envies d’Exotisme permettait aussi un certaine fantaisie  pour les chaussures, celles ci étant plus ornementées et colorées,

 

Chaussures à la turque, vers 1870, Soie, France

Chaussures de bal vers 1873, Soie brodée au fil métalique, France

Chaussures vers 1880, Soie, Russie

Les français créèrent le marché de la chaussure de prêt à porter lorsqu’ils exportèrent l’escarpin au début du siècle, mais ce ne furent pas les seuls. Ainsi à l’origine du déclin de la tradition européenne de la façon, on trouve, en particulier, les exportations américaines de chaussures ornées de décors de perles brodées à la machine.

Ces bouts ornés de perles furent très en vogue dans les années 1880, jusqu’aux années 1890, comme l’en témoigne The Yong Ladies’ Journal au Canada en janvier 1888: « Les chaussures sont brodées de perles sur le bout (…) et d’autres s’ornent d’un papillon en perles de jais. »

 

Chaussures de Mariage, vers 1880, Cuir et satin décoré de perles

 

Chaussures de ville, vers 1880, Cuir avec broderie machine avec perles de métal

Richelieu vers 1878-1882, Chevreau orné de perles, Amérique

Escarpins vers 1882-1888, Chevreau noir orné de perles en acier, Amérique

Chaussures de ville vers 1880–99, Cuir brodé de perles, Européen

Escarpins vers 1885-1892, Chevreau orné de perles en bronze, Autriche

Chaussures de Soirée vers 1885–95, Soie brodée de perles en métal, Amérique

Quelques lien utiles pour approfondir, à propos de la ville de Roman et son industrie de la chaussure, ou pour retrouver la plupart des pièces de collection du MET.

Et voici donc la paire de chaussure réalisée pour porter avec la Tournure de Bal Saumon et Grise, comme il s’agit d’une robe d’après le Journal des demoiselles de 1880, j’ai choisi de faire une ornementation à base de perles.

Chaussures habillées dans le style 1880

Détail des motif de perles et perles de rocailles

Le tissu utilisé est la soie à petit motif de la jupe, cependant comme elle est réduite à une seule épaisseur (et non triple comme les plis) elle parait beaucoup plus pâle, rappelant ainsi la couleur de la mousseline de soie.

Et avec la jupe...

De nos jours, la chaussure symbolise encore un mode de vie, un rang social, une identité vestimentaire… Elle représente un univers de création extraordinaire et incarne l’idéal à titre de véhicule d’expression propre à l’individualité de chacun. Elle permet d’identifier les intérêts d’une personne ou le type de métier qu’elle exerce , bref  « dis-moi ce que tu chausses et je te dirai qui tu es ! »

Bibliographie  sommaire:

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Voici donc le projet d’une tournure plutôt habillée, c’est à dire à la fois de bal et de réception/dîner.

Elle est inspirée d’une gravure extraite de la mode illustrée de 1880.

Pour ce projet, j’ai prévu deux hauts, celui de bal inspiré de cette gravure mais dont la coupe sera un peut différente, et un haut plus simple pour la journée, à manches longue et peu de décolleté.

Robe de Bal, 1880

 

Le tissu de la jupe est un taffetas de soie saumon avec des petits motifs géométriques plus pales , de la mousseline de soie brodée saumon pour remplacer la dentelle, et pour la traîne et les hauts, un tissus gris bleu avec des motifs de fleurs un peu plus sombres.

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