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Archive for août 2012

Je participe à une sortie Belle-Époque « Le Bain 1900 » à Trouville organisée par le Ministère des Modes,le 9 septembre.
J’y mettrai bien sûr une robe de plage, et pour la fin d’après-midi ma tenue 1905 bleu pale (pour laquelle il faut que je fasse un post… comme elle a été étrennée pour le prix de Diane)

Mais j’ai prévu en plus des tenues de plage/jour de me faire un maillot de bain car je ne peux pas décemment aller au bord de la mer et ne pas me baigner, et ce même si l’eau n’est qu’à 18°!

Baigneurs à Deauville, France, 1919. Bibliothèque Nationale de France

En France, la mode des bains de mer s’implante d’abord sur la Côte d’Albâtre à Dieppe, en 1812, où la duchesse du Berryaime à se rendre. Trouville, sur la Côte Fleurie, bénéficie d’une correspondance régulière avec les trains de Paris et se développe à partir de 1847. La station balnéaire de Cabourg est fondée par Durand Morimbeau en 1853, Houlgate par Victor Deslise en 1854 et Villers-sur-Mer par Félix Pigeory en 1856. Les aristocrates britanniques établissent leurs lieux de villégiature dans différentes régions et font construisent de somptueuses villas sur les côtes françaises. Ainsi la station de Dinard en Bretagne, La Baule sur le littoral atlantique des Pays de la Loire, Arcachon en Aquitaine et son établissement de bains de mer fondé en 1823. Napoléon III et l’impératrice Eugénie, gagné par la vogue des bains de mer, font construire un palais à Biarritz qui, dès lors, devient la station des têtes couronnées de toute l’Europe. A la Belle Epoque, certaines de ces destinations sont délaissées au profit de la Côte d’Azur. La station du Touquet, créée en 1894 par le Français Jean-Baptiste Daloz (1800-1885) et le Britannique John Whitley, reste la station de l’élégance jusque dans les années 1930.  Deux siècles de vacances à la mer

Les bains de mer furent d’abord thérapeutique  comme les cures thermales en montagne, puis l’immersion thérapeutique dans l’eau de mer devint un plaisir mondain pour l’aristocratie recherchant les bienfaits de l’eau de mer ainsi que pour la beauté des paysages marins. Par la suite si la mode n’est pas encore au bain de soleil, la pratique de la nage se répand. Le bain de soleil, sous l’influence américaine arrive dans les années 1920 sur nos cotes, le développement du réseau ferré et la création des congés payés mettent en place la popularité des bains de mer et c’est alors que les plaisirs de la plage vont être associés aux vacances.

L’histoire du maillot de bain suit cette évolution, d’abord la tenue de bain est une copie à peine moins couvrante que les vêtements quotidiens, la natation et le bronzage n’étant pas de mise, peu à peu la plage libère le corps et le maillot de bain devient de plus en plus court et collant, souvent rayé de bleu de blanc, il donne de plus en plus de liberté de mouvement et de surface au soleil ; il deviendra avec les progrès textiles une seconde peau… de plus en plus moulante et minuscule.

L’évolution du maillot de bain au cours du siècle

Concours d’essorage de maillots. Entre 1900 et 1905. Bibliothèque du Congrès

Règles concernant la longueur des maillots de bain. 1922. Bibliothèque du Congrès

Maillots de Bain Belle Époque

Vers 1900, le maillot de bain, souvent rayé, commence à devenir un objet magnifiant le corps féminin, en le révélant de plus en plus….c’est ce que promettent les nombreux photo-montages de charme…

L’union fait la force…

Le Peignoir

Pour en revenir à mon maillot de bain, j’ai choisi de faire ce dernier en tissu ivoire, décoré de bandes de velours noires, d’après ce modèle (à droite), à la seule différence que les décoration au niveau de la poitrine seront en V et non horizontales.

Maillots de bain 1900

A la prochaine fois pour un post montrant le maillot de bain une fois fini!

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La première étape de réalisation du costume est le gilet à revers  brodé,

Un petit historique

Le pourpoint ancêtre du gilet, rembourré et se portant aussi sous l’armure pour se tenir chaud, est apparut vers le XVe siècle. Au milieu du  XVIIe siècle le pourpoint disparaît pour trois vêtements qui constituent l’Habit à la Française.

Le terme « habit » désignait d’ailleurs à l’origine la totalité des pièces composant ce costume, en l’occurrence le justaucorps, la veste (avec ou sans manches) que l’on porte au dessous, et la culotte resserrée au genou couvrant les cuisses. A partir du milieu du XVIIIe siècle,  la veste, qui perd ses manches depuis que l’on prend l’habitude d’enfiler redingotes, fracs et surtout pour se protéger des froidures de l’hiver, devient le gilet.

Le gilet vers 1780, est un vêtement très ouvragé sur la partie visible, de nombreuses broderies ou plus rarement des passementeries le décorent (voir le premier article). La mode exigeait qu’on le laisse entrouvert pour montrer la finesse de sa cravate ou le jabot de sa chemise.

La veste n’étant jamais porté seule, le dos est le plus souvent taillé dans un tissu grossier (grosse toile), tandis que seuls les devants sont réalisés dans un tissu plus riche. Une série de liens, à l’arrière, permet de le rendre réglable afin qu’il prenne bien le ventre.

Patron gilet homme vers 1760/70

Il semble il y avoir plusieurs types d’ajustement pour les gilets à cette période:
– un arrière fendu avec des liens pour l’attache et le serrage (plus vraiment dans cette période tardive du 18e siècle,
voir   patron ci-dessus)
– un dos cousu et des liens seulement pour l’ajustement, avec ou sans soufflet.

MET français soie l1785–1800

MET américain late 18th century

MET français soie-coton ca 1789

– un ajustement grâce à un lacet passant dans des œillets (inspiré des gilets adaptés aux femmes ?)

MET américain ou Européen soie 1790

J’ignore quelle méthode je vais choisir pour l’ajustement de mon propre gilet, mais il y aura un soufflet et le dos sera réalisé avec le coton bronze qui me servira pour la doublure. Après il me restera à décider entre simples nœuds ou œillets… ce sera en fonction de mon courage et de mon temps!

Voici différents gilets d’époque, qui ont inspiré mon modèle de broderie:

MET italien soie 1780–90

MET français soie 1787-89

MET américain ou Européen soie 1790

MET Européen coton 1785–1800

MET français soie 1780–85

MET français soie 1785–1800

MET français soie late 18th century

MET américain soie(?) late 18th century

MET français soie-coton ca 1789

Comme on peut le voir sur ces exemples, le gilet masculin à partir de 1780 environ prend une forme droite, avec ou sans revers, et des poches rectangles à l’horizontale.

Standardisation, modèles, décors -type apparaissent. Les habits sont brodés d’avance sur des pièces d’étoffe que l’on  taille après coup aux mensurations du client.

MET français soie 18th century

Et voici  mes débuts de broderie sur le taffetas (pas en soie malheureusement, mais depuis j’en ai trouvé un très beau ivoire donc parfais pour un prochain projet de ce type!).

J’utilise du fil de coton mouliné DMC marron sombre et vieux rose, ainsi qu’un fil de soie mauve (pour broderie machine)
Il y a différents points utilisés: chainette, point d’arêtes, point passé plat, point transpercé…

Revers de poches avec dessin du motif

Revers de poche brodés

Revers de poche montés

Il y a aussi des perles de verre vert sombre pour souligner quelques motifs.
Sur le reste du gilet, on pourra trouver un passementerie fine, pour « imiter » la longue et pénible broderie du bord du gilet en complément des motifs floraux à broder, ainsi que des sequins bronze.

Voilà , je pense avancer pas mal le gilet au cours de ce week-end et de la semaine prochaine (mini 1h de broderie par jour grâce aux transports pour aller au travail)

Comme hier, les images (face des gilets) sont lié par hyperlien aux fiches correspondantes du MET (j’ai choisi mes modèles parmi leur collection, mais il y a bien sur des gilets de ce type dans plusieurs autres Musées du Costume!)

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Avant mes congés, j’ai commencé un nouveau projet pour Arcelot, le 6 et 7 octobre, une tenue homme 1785.

Non, je n’aurais pas d’accompagnement masculin à cette sortie, pour mon plus grand malheur!
Mais j’ai eu l’idée folle de ce travestissement après avoir enfin trouvé les bottes cavalières en cuir que je cherchais depuis plusieurs mois (à un prix très bas pour du matériel d’équitation 100% cuir).

Ayant déjà prévu un costume de cavalière milieu XVIIIe, je ne voulais pas en faire un autre et le peu d’hommes présent lors d’évènements historiques costumés m’a tout de suite donné envie de m’attaquer à un tel projet.
Car en grande majorité les costumes d’hommes sont issues de techniques dites de « tailleurs » et souvent bien plus compliqués que les tenues féminines, et le gainant/ajusté de la fin du XVIIIe est particulièrement dur à réaliser sans moulages, dont il s’agit bien d’un défi puisque bien qu’ayant déjà réalisé un gilet fin XVIIIe, la tenue complète est d’une toute autre difficulté…

Un peu d’histoire de la mode…

Au 18e siècle, il est tout à fait légitime qu’un homme s’intéresse à la mode, en accord avec les notions de masculinité alors couramment admises. Les hommes de bien et d’influence accordent beaucoup d’attention à leurs tenues, tout autant que les femmes.

Portrait de Maximilien Robespierre, Louis Léopold BOILLY, 1791, Palais des Beaux art de Lille

Portrait de Joachim Le Breton, Adelaide Labille-Guiard, 1795 – Nelson-Atkins Museum of Art

Portrait de Sebastián Martínez y Pérez, GOYA, 1792, MET

Portrait de François André Vincent, Adélaïde LABILLE-GUIARD, 1795, Louvre

Miniature, Portrait d’un jeune homme, Joseph DERANTON, Inconnu

Miniature, portrait d’un jeune homme, Adélaïde LABILLE-GUIARD, inconnu

La mode vestimentaire de la noblesse à la cour de France domine l’Europe et, à un degré moindre, l’Angleterre.
L’habit masculin a une forme stable, il s’est formé au XVIIe : au XVIIIe sa composition et ses formes sont posées, puis on ira vers une simplification des lignes.
A partir de la fin des années 1760, le costume masculin connaît une évolution radicale. Il semble que ce soit la réforme de l’uniforme militaire français, qui ait été à l’origine de cette nouvelle mode. Avec les règlements de 1767, l’armée royale adopte un nouvel uniforme inspiré des tenues étriquées et économes en tissu que les armées prussiennes et  autrichiennes.

Ces nouveaux habits se projettent vers l’arrière et dégagent largement le ventre, laissant apparaître le gilet qui est coupé droit et raccourci, facilite la marche en réduisant considérablement les basques, le col monte, les manches sont ajustées et coudées et la culotte se colle à la cuisse.

Patron d’habit vers 1780

Cette nouvelle silhouette étriquée plaît, le goût « anglomane » ayant mis à la mode les tenues pratiques, sobres et confortables de la « gentry » campagnarde britannique et le vêtement civil adopte la nouvelle coupe militaire.

En dehors des éternels draps de laine, velours ras, pékin et taffetas de soie unis, les étoffes de la fin du XVIIIe siècle sont en général ornées de petits motifs géométriques. C’est l’âge des velours miniatures, décorés d’un semis de points ou autres petits ornements répétitifs, aux couleurs assez contrastées. A partir des années 1780, la mode des rayures va faire son apparition: fines, verticales, soulignées par des couleurs violemment opposées… (1)

Court Suit 1790-1800 France V&A

Formal Ensemble U.K 1790 V&A

Court suit France 1780-90 MET

Formal Ensemble France 1790 MET

Court suit France 1790 KCI

Men suit France 1785 KCI

Les broderies somptueuses qui enrichissent les habits contrastent souvent avec ces étoffes aux semis géométriques par  leurs larges motifs végétaux et floraux traités avec naturalisme.
La mode est de porter un gilet d’une couleur et d’un décor différents que ceux de l’habit et de la culotte.

Différents gros-plan de broderies
Costumes du MET, V&A, KCI de 1780 à 1792

Une autre innovation consiste dans l’emploi de boutons de métal ciselé, émaillé ou peint.

Toutes ces tenues se portent avec des bas de soie et des soulier ou bien de longues bottes souples à revers comme on en porte avec le frac à l’anglaise.

Voilà, en espérant vous avoir apporté un peu plus de connaissance sur les tenues masculines de la toute fin du XVIIIe siècle.

Petite bibliographie non exhaustive:

Se vêtir au XVIIIe Siècle – Madeleine DELPIERRE – Adam Biro, 1996

Histoire du Costume en Occident – François BOUCHER- Flammarion, 1996, nouvelle édition, 2008

Le costume français – Collectif, Flammarion, collection Tout l’art, 1996, nouvelle édition 2007

Fastes de cour et cérémonies royales : Le costumes de cour en Europe (1650-1800) Pierre ARIZZOLI-CLEMENTEL, Pascale GORGUET-BALLESTEROS, Collectif, RMN, 2009

Seventeenth and Eighteenth-century Fashion in Detail – Avril HART et Susan NORTH, V&A Publishing, 2008

1- Les photos de costumes d’époque sont en hyperlien avec les pages correspondantes des différents musées.

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